Projet d'étude Controverses minières


Contexte et objectifs

Entre 2018 et 2021, SystExt et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont rédigé puis défendu la résolution "Réduire les impacts de l'industrie minière sur la biodiversité". Celle-ci fut adoptée lors du Congrès mondial de l’UICN en septembre 2021 à la quasi-unanimité, par 94,2 % des représentants étatiques et par 99,5 % des représentants de la société civile (voir les résultats détaillés du vote). Cette résolution appelle les États à : (1) règlementer plus efficacement les activités minières ; (2) réduire la consommation de ressources primaires et prioriser la récupération, la réutilisation et le recyclage ; (3) appliquer l’approche de précaution à la gestion des risques et faire cesser les pratiques menaçant l’homme et la nature en matière de gestion de déchets minier et d’utilisation de produits chimiques dangereux ; (4) mettre en place des plans d’approvisionnement ainsi que des plans de transition visant à réduire la demande en matériaux primaires.

Au début de l’année 2020, SystExt a donc rédigé un dossier destiné à contre-argumenter certaines assertions soutenues par les opposants à la résolution ou par ceux qui souhaitaient en diminuer la teneur. Ce travail constitue le point de départ de l’étude "Controverses minières - Pour en finir avec certaines contrevérités sur la mine et les filières minérales".

Par ailleurs, depuis une dizaine d'années, la mine et les métaux occupent une part grandissante du débat public en France. Cependant, loin de refléter les réalités de terrain décrites par le monde académique et par la société civile, de nouveaux concepts polarisent les discussions : métaux rares, substances indispensables à la transition, exploitation zéro émission, techniques minières modernes, technologies intelligentes, impacts positifs sur la biodiversité, standards internationaux contraignants, nouvelles frontières extractives... Ces notions sont de plus en plus présentes dans l'espace public, sans que leur pertinence ne soit véritablement mise en débat ou questionnée.

L’étude "Controverses minières" se donne ainsi quatre objectifs :
(1) Réaliser un état de l'art des connaissances sur les sujets qui font l’objet de la communication la plus soutenue
(2) Identifier les faits et les démonstrations qui font consensus parmi les auteurs académiques, institutionnels et de la société civile
(3) Rendre accessibles ces données pour alimenter le débat public
(4) Dénoncer les situations graves et alerter sur les perspectives les plus préoccupantes

Volet 1

Les "nouveaux concepts" mentionnés précédemment sont issus de stratégies de communication des compagnies minières qui prétendent développer leur activité avec les meilleures performances sociales et environnementales, appuyées par les gouvernements qui prétendent requérir le plus haut niveau d’exigence sur ces questions. Les nombreuses associations nationales et locales qui travaillent dans le monde entier sur les questions minières s'inquiètent au contraire de l’aggravation des impacts humains, sanitaires, environnementaux et sociaux ; tendance corroborée par le monde académique, qui multiplie les travaux de recherche sur la question.

Dans le premier volet de l’étude, SystExt a souhaité alerter les citoyens sur l’écart grandissant entre cette communication et les réalités humaines et environnementales. Pour ce faire, l’association a retenu quatre sujets : (1) Caractère prédateur et dangereux ; (2) Techniques minières ; (3) Déversements volontaires en milieux aquatiques ; (4) Anciens sites miniers.

Le rapport a été publié le 16 novembre 2021 et un webinaire s'est tenu à cette occasion pour présenter les principaux résultats de l'étude menée.

► Page dédiée à ce rapport et résumé au lien suivant.
► Rapport téléchargeable en cliquant sur l'image ci-dessous à gauche ; Vidéo du webinaire disponible en cliquant sur l'image ci-dessous à droite.

    

Volet 2

Le Volet 1 de l’étude a permis de démontrer que l’industrie minière repose sur un modèle intrinsèquement insoutenable. Il met également en évidence que, dans un contexte de diminution des teneurs et de raréfaction des gisements "facilement" exploitables, ce modèle sera inévitablement à l’origine d’une augmentation exponentielle de la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que des impacts environnementaux et sociaux.

Parallèlement, la production minière n’a jamais cessé de croître et a même connu une accélération depuis la fin des années 2000. Étant donné que les modèles de développement actuels s’appuient sur un recours massif en matières premières minérales, leur déploiement conduira nécessairement à une augmentation de la production métallique à des niveaux sans précédent.

Ces constats ont conduit à explorer des leviers de changement, permettant d’agir soit sur les pratiques minières, soit sur la demande métallique. Quatre de ces leviers animent actuellement le débat public à l’international :
(1) L’exploitation des ressources minières marines profondes ; cette éventualité étant régulièrement présentée comme une activité moins prédatrice et dangereuse que l’exploitation des ressources minières terrestres et comme un complément substantiel à l’offre métallique actuelle ;
(2) La limitation des conséquences environnementales et sociales de l’industrie minière par le déploiement de "bonnes" et de "meilleures" pratiques et la mise en place de mines "responsables" ;
(3) L’instauration d’une économie "véritablement" circulaire par le développement de la récupération, de la réutilisation et du recyclage ; ce modèle étant le plus souvent considéré comme indispensable mais insuffisant pour répondre à la demande métallique future ;
(4) La réduction de la demande en matières premières minérales ; cette perspective étant largement débattue face aux "besoins" actuels des sociétés et à la mise en œuvre des modèles dits "de transition".

Dans le second volet de l’étude, SystExt a donc souhaité approfondir ces quatre leviers à la lumière des données les plus récentes. Compte tenu de la complexité de ces sujets, chacun d’entre eux fait l’objet d’un tome et chaque publication sera accompagnée d'un webinaire dédié.

► Tome 1 · Exploration et exploitation minières en eaux profondes : Publication du rapport et webinaire le jeudi 17 novembre 2022. Informations pratiques disponibles au lien suivant.

► Tome 2 · Meilleures pratiques et mine "responsable" : Publication du rapport et webinaire le jeudi 16 février 2023.

► Tome 3 · Mine secondaire et recyclage : Publication du rapport et webinaire le jeudi 13 avril 2023.

► Tome 4 · Dépendance minérale et plans de "transition métallique" : Publication du rapport et webinaire le jeudi 15 juin 2023.