La Chalcidique, entre mines antiques et résistance contemporaine

19 mars 2020
SystExt
En mai 2018, SystExt s'est rendu en Grèce, pays qui dispose à la fois d'un important passif minier et d'une actualité minérale dense. Le séjour a consisté en des visites de sites miniers (en activité, fermés ou encore réhabilités), enrichies de rencontres d'exploitants miniers, d'associations, d'élus ou encore de riverains de villages sinistrés. Complexe aurifère et polymétallique de Cassandra en Chalcidique, bassin charbonnier du "Western Macedonia Lignite Centre", mines de plomb et d'argent du Laurion, île de Milos dédiée aux minéraux industriels (roches, substances et minéraux non métalliques destinés à la fabrication des produits du quotidien) ... SystExt revient sur ces territoires miniers au travers de trois reportages de terrain, étayés de recherches bibliographiques. Premier volet de la série : le complexe de Cassandra et la mine de Skouries.
Localisation du permis d'Hellas Gold et principaux sites miniers (SystExt - 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Le complexe de Cassandra, de l'Antiquité à la crise de 2008

Situé en Chalcidique, le complexe de Cassandra est un secteur géologique de 200km², riche en métaux (or, argent, cuivre, plomb, zinc). Les minerais sulfurés y sont exploités dès l’Antiquité, période dont il subsiste plus de 300 puits et 20ha de déchets métallurgiques - connus sous le nom de "skouria" (rouille). L’exploitation minière y perdure jusqu’à nos jours, avec plusieurs périodes de prospérité, notamment au 15ème et 19ème siècle. Le secteur comprend trois sites miniers principaux, dont il sera régulièrement question dans la suite de ce reportage : Olympiada, Stratoni et Skouries.

C'est en 1920 que l’activité se modernise à Stratoni, qui, avec sa mine d'argent-plomb-zinc et la construction d’une usine de traitement sur la plage de la ville en 1970 (voir 4ème illustration du reportage ci-dessous), devient le centre minéralurgique et métallurgique du secteur. Le gisement d’Olympiada (or, argent, plomb, zinc) est découvert tardivement, à la fin des années 60, et est exploité de 1972 à 1995. [1]

A cause de l'évolution des cours, ces mines ont une activité très ralentie dans les années 90. En 1996, la tentative de la junior canadienne TVX Gold de s'implanter dans la région se solde par un échec. Mais la crise de 2008 change la donne et la Grèce est sommée par ses bailleurs européens de relancer son économie à tout prix, et en particulier de développer son secteur minier. De nouvelles zones sont alors ouvertes à l’exploration minière, dont plus de 30 000 ha dans les montagnes des Skouries.

"SOS Chalcidique" sur une falaise près de Ierissos (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

L'or de Chalcidique, convoité par les multinationales minières

En 2011, la junior canadienne European Goldfields obtient les premières autorisations environnementales avant d'être rachetée par Hellas Gold. Cette dernière appartient à 95 % à l’entreprise minière canadienne Eldorado Gold et à 5 % à AKTOR, la principale entreprise de bâtiment et travaux publics en Grèce. Le rachat par Hellas Gold est très décrié par la société civile et certains observateurs européens car il se fait dans des circonstances opaques, avec plusieurs interventions de l’État grec. [2]

Les principaux actifs miniers d’Hellas Gold sont : le site de Stratoni, le projet de redéveloppement d’Olympiada et le nouveau projet de Skouries. Ce dernier concerne un gisement d'or et de cuivre (avec des teneurs respectives de 0,8 g/t et de 0,5%), destiné à être exploité à ciel ouvert et en souterrain. Au terme des 20 ans d’exploitation, la fosse devrait présenter un diamètre de 700m et une profondeur de 220m. Il est prévu le traitement de 160 millions de tonnes de minerai dans une usine construite sur site [3]. Mais le projet patine… L’opposition locale, très organisée autour des associations SOS Chalcidique et Hellenic Mining Watch, s’appuie sur des décisions juridiques contraignantes et les contrats signés par l'entreprise, pour empêcher toute progression du projet. En 2018, le site était fermé (statut "care and maintenance").

Sites et cibles miniers dans l'emprise du permis d'Hellas Gold (tiré du site internet antigold.org)

Le traitement métallurgique au cœur d'un imbroglio juridique

Parmi ses engagements, Hellas Gold a garanti qu’il traiterait le minerai intégralement sur place, permettant à la Grèce de capter la valeur ajoutée liée à la métallurgie, par la production et l’exportation d’un produit métallique plutôt que d’un concentré. L'accord de concession prévoyait le recours au "flash smelting", une technique de traitement pyométallurgique qui consiste à oxyder et fondre simultanément les métaux contenus dans un minerai sulfuré (l’or et le cuivre ici). Concernant le minerai à traiter, la compagnie minière prévoyait de mélanger les concentrés de la mine de Skouries et de celle d’Olympiada (en valorisant à cette occasion certains de ses déchets miniers anciens). Mais les concentrations en arsenic dans les gisements sont trop importantes, jusqu'à 9% à Olympiada ! Ce métalloïde a donc eu raison du projet, qui se trouve bloqué en novembre 2016 par le ministre de l'environnement grec. [4]

Depuis, la situation est figée dans un imbroglio juridico-politique mêlant élus locaux, élus nationaux et instances financières européennes. Le gouvernement de Syriza - arrivé au pouvoir en 2015, s'il est plutôt favorable au projet, il entend par contre forcer la compagnie à respecter ses engagements de valorisation du minerai en Grèce, sous peine de ne pas donner son feu vert au projet. Par ailleurs, les opposants ont porté plainte devant les instances de l'Union européenne pour non-respect des normes environnementales. Pendant ce temps, Hellas Gold concentre les minerais d’Olympiada à l'usine de Stratoni et les exporte vers la Chine....

Entrée de la mine de Skouries (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Les résidus miniers : de la plage de Stratoni à la digue de Skouries

Le complexe de Stratoni a rejeté ses effluents et déchets directement dans la Méditerranée jusqu'à la fin des années 80. Des témoins racontent qu’en cas de fortes pluies, la mer devenait rouge ! La plage de Stratoni offre aujourd’hui un triste spectacle, contenant de grandes quantités de résidus miniers, soumis au drainage minier acide et au relargage de polluants. Ces rejets contribuent à une acidification des eaux et mettent en péril les ressources halieutiques locales. Ce centre industriel, en activité depuis 50 ans désormais, est à l’origine d’une pollution de l’air, des sols et des eaux à Stratoni et dans ses environs. Et la liste des substances est longue : plomb, arsenic, zinc, cuivre, nickel, chrome, cobalt, cadmium… [5] [6] [7]

Le gisement de Skouries contient ces mêmes éléments, notamment du plomb, de l'arsenic et du cadmium, particulièrement préoccupants pour la santé humaine. [8] En cas de mise en exploitation, s’ajouteraient aux pollutions malheureusement prévisibles des milieux (air, eau, sol), les risques associés à une digue minière. Le projet prévoit en effet le stockage de dizaines à centaines de millions de tonnes de résidus miniers derrière un ouvrage de 280m de haut… sur une faille active ! C’est cette faille qui fut à l’origine d’un séisme de magnitude 7 en 1932, détruisant le village de Ierissos et faisant près de 500 victimes. [9]

Plage de Stratoni constituée de résidus miniers et usine de traitement du minerai en arrière-plan (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Profil de surface (sur 30 cm) sur la plage, mettant en évidence des réactions d'oxydation et de précipitation associées au drainage minier acide (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Un maire issu de la lutte locale

En 2010, Christos PACHTAS (ministre adjoint à l’Économie en 2003, lors du scandale de la revente de la concession minière avec TVX Gold puis Hellas Gold), devient maire d’Aristote, qui est née de la fusion de 12 villages. Ouvertement et fièrement favorable au projet minier, il souhaite « appliquer à la lettre le permis ». [10] C’est sans compter la mobilisation de SOS Chalcidique, qui organise une élection participative afin de proposer une candidature aux municipales de 2015 et élit Giorgos ZOUMBAS pour les représenter. Celui-ci remporte la mairie avec 52% des voix, dans un contexte de forte tension au sein de la population locale, entre les "pro" et les "anti". Situation à ce point critique que les militants de Ierissos, siège de la contestation, ne peuvent par exemple plus se rendre dans le village ‘pro-mine’ de Stratoni.

Alors que son prédécesseur, par son discours et sa gestion politique, avait exacerbé cette division, le nouveau maire tente une politique de réconciliation. Selon lui, les ‘pro-mine’ sont en fait pris en otage, car souvent dépendants de la mine pour leur emploi ou celui d’un membre de leur famille. Il souhaite ne pas les stigmatiser et leur proposer des alternatives à la mine. Mais l’opposition municipale, toujours soutenue par Christos PACHTAS, continue d’user de son influence pour ralentir ou bloquer les projets proposés.

En sortie d'une réunion publique sur la mobilisation contre le projet, devant la Mairie d'Aristote (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Portrait de militant

Iorghos a 38 ans. Il habite Ierissos, est chauffeur-routier et a trois enfants. En 2013, il a passé 6 mois en prison suite à son engagement contre le projet de Skouries. Il s’agissait de son premier engagement militant, né de l’inquiétude des impacts potentiels sur les ressources en eau. Il fait partie des 450 personnes inculpées pour différents motifs, trop souvent infondés (obstruction du droit de passage lors d’une manifestation, offense à agent, diffamation...). D’après les militants, la surveillance et la répression dont ils sont victimes sont disproportionnées : mise sur écoute téléphonique, surveillance policière, etc. Plusieurs arrestations auraient même eu lieu de nuit, en présence des familles. Ainsi, pour protéger autant que possible ses membres, l’association SOS Chalcidique n’a pas de leader officiel.

Malgré toutes les précautions prises, les arrestations arbitraires se sont multipliées. Le fromager du village a ainsi été arrêté au motif de débordements dans une manifestation, alors que plusieurs témoins certifient qu’il ne s’y trouvait pas ce jour-là !

Iorghos ne regrette pas son engagement, mais estime qu’aujourd’hui il serait plus prudent. Quand on lui demande quels sont ses liens avec la justice, il répond : « il n’y a pas de justice ».

Militants de SOS Chalcidique : Georgios (à gauche), Iorghos (au centre) et Ianis (à droite) (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Conflits d'usages annoncés, alternatives à défendre

Avec 20% de chômage [11] dans le pays, l’emploi est un argument de taille pour Hellas Gold. L’entreprise emploie actuellement entre 800 et 1300 personnes sur la municipalité d’Aristote, selon les périodes d’activité (incluant emplois directs et indirects par les sous-traitants). Face à cela, la nouvelle mairie prône un autre développement économique. Tourisme, agriculture et pêche sont au cœur de son plaidoyer. La Chalcidique est en effet la troisième région touristique de Grèce, avec notamment le réputé Mont Athos, et la première région productrice d’olives alimentaires et de miel. Sa proximité avec la Mer Egée et la Mer Noire lui donne accès à de riches ressources halieutiques et favorise la concentration de chantiers navals artisanaux.

Ces trois secteurs d’activité dépendent d’une préservation de l’environnement naturel et de ses ressources. Les risques que le mégaprojet minier fait peser sur la qualité des milieux (eaux et sols en particulier) concernent donc également le maintien du tissu économique local. L’objectif pour les opposants et la municipalité est donc de défendre l’existant et de mettre en lumière les opportunités de développement associées.

Activités touristiques et artisanales à Ierissos : Vente de fromages et Raki à la fromagerie de Stathoris (à gauche, en haut) ; Hôtel en cours de rénovation, derrière le port récemment modernisé (à gauche, en bas) ; Artisan dans un des chantiers navals (à droite) (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

Discours et stratégies des "pro" et "anti"

Le conflit social qui persiste dans la région illustre bien les stratégies décrites dans bien d’autres pays du monde et théorisées dans la littérature dédiée aux controverses minières [12]. En effet, tandis qu'Eldorado Gold et les partisans du projet communiquent sur les enjeux de responsabilité sociale des entreprises ou de bonne gouvernance environnementale, les opposants ont désinvesti ces champs pour se concentrer sur les conflits d’usage et la valorisation du patrimoine naturel et culturel. Cette dernière stratégie est prometteuse puisqu’elle permet de s’extraire de débats, trop souvent stériles, sur les risques environnementaux et sanitaires ou encore sur l’incapacité de l’exploitant à tenir ses promesses économiques sur le long terme. Paradoxalement, certains y voient davantage un vulgaire phénomène NIMBY ("Not In My BackYard"). [13] D’autant que le projet de développement alternatif défendu par la mairie et fondé sur un tourisme de qualité, une consommation directe de produits locaux… ne s’accompagne pas encore de propositions sur d’autres façons de travailler ou de produire.

Pendant ce temps, Hellas Gold propose des tours miniers en Chalcidique soigneusement orchestrés pour « rebâtir la confiance de la population » [14]. Selon le maire d’Aristote, l’entreprise minière aurait acheté des émissions de radio à Thessalonique et à Athènes, sponsorisé des équipes de foot locales et subventionné la construction d’infrastructures… mais seulement dans les villages favorables au projet minier. L’entreprise peut ainsi compter sur le soutien d’une partie de la population, mais pas de n’importe laquelle… En septembre 2017, alors que la compagnie menaçait de retirer ses investissements de la région pour faire pression sur le gouvernement, une centaine d’employés de la mine ont manifesté devant le ministère de l’Environnement qu’ils accusaient d’entraver le processus d’octroi d'autorisations pour Eldorado Gold [15]. Une manœuvre à questionner au regard des rapports de force qui existent, ou pas, entre l’Etat, l’exploitant, la société civile et la population…

Stratégies controversées dans les deux camps donc, mais dans un contexte particulièrement conflictuel. Un contexte sans précédent sur ce territoire historiquement minier, tel qu’expliqué par le maire d’Aristote, terre natale du philosophe éponyme. Le maire souligne en effet qu’Aristote est un philosophe de la mesure, et que ce mégaprojet minier incarne à l’inverse la démesure, cet hubris tant décrié par les Grecs anciens, considéré comme un "crime d’orgueil". Il explique : « La région accueille bien des activités minières depuis l'Antiquité mais c’est l’échelle qui a changé ».

Banderole “Save the Homeland of Aristote - No dirty Gold - Save Skouries” dans le centre-ville de Ierissos (SystExt - mai 2018 - CC BY NC SA 3.0 FR)

► Références

[1] Site internet de tourisme Grecomania.net
[2] Fiche "Gold mining in Halkidiki, Greece" de la base de données cartographique Environmental Justice Atlas
[3] Description du projet de Skouries sur le site internet de l'entreprise minière Eldorado Gold
[4] Kadoglou M. (Hellenic Mining Watch), Extractive colonialism in Europe: the case of Greece. GRESEA Echos No 92, Décembre 2017. Disponible sur antigoldgr.org
[5] Kelepertsis A., Argyraki A. et Alexakis D. (University of Athens), Multivariate statistics and spatial interpretation of geochemical data for assessing soil contamination by potentially toxic elements in the mining area of Stratoni, north Greece. Geochemistry Exploration Environment Analysis, Novembre 2016. Téléchargeable sur researchgate.net
[6] Papastamatiou D., Skarpelis N. et Argyraki A.(University of Athens), Air quality in mining areas: the case of Stratoni, Chalkidiki, Greece. Bulletin of the Geological Society of Greece, Mai 2010. Téléchargeable sur researchgate.net
[7] Argyraki A. (University of Athens), Garden soil and house dust as exposure media for lead uptake in the mining village of Stratoni, Greece. Environmental Geochemistry and Health, Novembre 2013. Téléchargeable sur le researchgate.net
[8] Ces trois substances sont identifiées par l’Organisation mondiale de la santé comme particulièrement problématiques pour leurs effets sur la santé humaine ; voir page "Dix produits chimiques qui posent un problème majeur de santé publique" sur le site de l'OMS
[9] Page "1932 Ierissos earthquake" sur wikipedia.org
[10] Auvray C., Tighur C et Derebeis K., La ruée vers l’ordre - Reportage sur le site d’un méga-projet aurifère en Chalcidique. Revue Z, Mai 2013. Disponible sur le site de la revue
[11] Un record historique a été atteint dans le pays en 2013 avec un taux de chômage de 27,9 %. Source : Eurostat.
[12] Voir notamment les ouvrages : (a) Kirsch S., Mining Capitalism - The Relationship between Corporations and Their Critics. Oakland: University of California Press, Juin 2014. (b) Rajak, D., In Good Company: An Anatomy of Corporate Social Responsibility. Novembre 2011, Stanford University Press.
[13] NIMBY ou Nimby est l’acronyme de "Not In My BackYard", littéralement "pas dans mon arrière-cour". Le nimbiste désigne ainsi l'opposant à un projet d'aménagement motivé, non par une opposition de principe ou de nature environnementale, mais par l'emplacement de ce projet qui porte atteinte à son cadre de vie et à son patrimoine. Sur les questions minérales, un autre phénomène se développe actuellement : BANANA qui est l'acronyme de "Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anything", littéralement "ne construisez rien nulle part près de quoi que ce soit". Dans ce cas, l'opposant refuse le projet dans son environnement de vie mais aussi dans tout autre. Voir définition sur Wikipédia
[14] Voir la page dédiée sur le site d'Eldorado Gold
[15] AFP, Grèce : manifestation d'employés des mines d'Eldorado Gold. GEO, Septembre 2017. Disponible sur le site de la revue

► Pour aller plus loin...

• Brier M. et Desquesnes N., Mauvaises mines - Combattre l'industrie minière en France et dans le monde. Revue Z, Février 2018 | Partie II, "Grèce".
• France Culture - Emission "Sur les docks" - Grèce (2/2) : Le scandale des mines d’or à Ierissos, Mars 2016. Disponible en replay au lien suivant
• Astier M., GRECE - A Skouries, la quête de l’or détruit la nature. Reporterre, Janvier 2015. Disponible sur le site de la revue
• Mcgee N., Eldorado Gold wins arbitration ruling over Skouries gold and copper mine in Greece. The Globe And Mail, Avril 2018. Disponible sur le site du média
• Reportage vidéo - The Ecologist, Gold rush: Greek jobs, forest and future under threat as austerity bites. Juillet 2013. Disponible sur Youtube